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Géraldine Chevé

Spécialiste développement social

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La Centrale des solidarités, au service de la population et des professionnel·le·s du canton de Vaud

Depuis l’ouverture de la Centrale des solidarités à la population, nous sommes sollicités par des personnes qui se retrouvent en situation précaire ou isolées et démunies. Cela ne se limite donc pas à un groupe socio-économique particulier. Par ailleurs, les professionnel·le·s du réseau socio-sanitaire peuvent toujours nous solliciter et également continuer à orienter leurs bénéficiaires vers le dispositif.

La tendance qui se dessine concerne des sollicitations de personnes fragilisées socialement et économiquement par les conséquences des mesures de lutte contre la pandémie. Nous avons aussi des demandes de personnes qui se retrouvent subitement en quarantaine ou en isolement et qui recherchent une solution pour effectuer leurs achats alimentaires ou sortir leur chien durant cette période.

Une des préoccupations majeures concerne des personnes qui ont perdu leur emploi ou subissent une baisse de salaire et qui ne peuvent prétendre aux aides publiques. Évidemment, nous sommes toutes et tous impactés par la situation actuelle, mais certains groupes socio-économiques se retrouvent avec une impossibilité à faire face aux charges financières courantes et se retrouvent menacés de pauvreté et d’endettement.

Certaines situations rencontrées mettent en lumière des besoins que la crise a exacerbés. Pour soutenir des personnes qui se retrouvent momentanément dans des situations de grande fragilité, nous devons parfois être créatifs et articuler différents niveaux d’aide.

Par exemple, nous avons reçu plusieurs demandes d’aide alimentaire urgente pour des personnes mises en quarantaine ou en isolement en raison du coronavirus. Comme cette femme vivant seule avec ses deux enfants de 10 et 14 ans. Cette personne travaillait dans la restauration mais a perdu son emploi il y a quelques mois. Elle nous a appelés à la suite de l’annonce indiquant que sa fille était positive au coronavirus. Toute la famille devait donc immédiatement se mettre en quarantaine. Elle a expliqué à la Centrale des solidarités qu’elle n’avait plus d’argent et qu’il lui restait chez elle environ une journée de nourriture. En raison de l’isolement, elle ne pouvait plus sortir et ne savait pas comment nourrir ses deux enfants.

Pour répondre à l’urgence de la situation, la répondante de la centrale a sollicité des aides formelles et informelles. Une citoyenne a rapidement été trouvée via un groupe d’entraide sur un réseau social et a déposé des denrées alimentaires pour deux jours à la famille. Cette solution de court terme a permis à la répondante de la centrale de coordonner une aide alimentaire qui a ensuite couvert les besoins de la famille sur deux semaines, par le biais des Cartons du cœur. La répondante a répondu à cette demande d’aide alimentaire urgente. Pour autant, il lui est apparu nécessaire que cette personne soit accompagnée par un service social. Elle l’a donc orientée vers le centre social de sa région.

Au-delà de la demande pour laquelle la personne nous appelle, le besoin d’être simplement écouté et pris en considération est souvent présent, surtout dans les différentes difficultés que peut engendrer la situation pandémique actuelle. En ce sens, la Centrale des solidarités ne propose pas qu’un accompagnement vers des aides existantes, mais aussi un soutien social permettant de donner une impulsion positive aux personnes.

Par ailleurs, nous remarquons les formidables liens de solidarité qui se tissent au sein de notre société. La solidarité actuelle est polymorphe et n’est pas forcément organisée et formelle, mais la volonté d’aider de manière spontanée et altruiste est présente. Durant cette période où l’état de crise se prolonge, nous avons plus que jamais besoin de cohésion sociale entre les individus et au sein de la communauté. Les relations interpersonnelles et le soutien mutuel ont des effets protecteurs, notamment sur la santé, mais actuellement l’isolement, l’exclusion et la solitude sont encore trop présents pour certaines personnes.

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